Les légendes autour de la rivière Voise
La Voise, ce mince ruban d’eau qui borde palpablement la commune, est le théâtre principal de récits fantastiques depuis le Moyen Âge. Plusieurs familles racontaient, jusque dans les années 1950, des histoires de “pêcheurs du diable”, “fées des sources” et phénomènes inexpliqués aperçus dans les premiers brouillards du matin.
La Dame blanche de la Voise
Bien des communes d’Eure-et-Loir partagent le mythe de la Dame blanche. À Voise, elle apparaissait, selon des témoignages collectés par l’abbé Vincent (paroisse de Gallardon, 1912), sous forme de lueur pâle près du pont principal. Nul n’osait la regarder de face : on racontait qu’elle signalait la venue d’une crue dévastatrice — ou, dans une autre version, qu’elle annonçait les naissances printanières d’agneaux.
- La présence de cette Dame blanche a été signalée lors de nuits d’orage, en particulier durant l’inondation mémorable du 27 avril 1903 (Mémoire de Voise).
- Certains évoquent qu’il s’agissait d’un phénomène lumineux lié au phosphore, observable sur les roseaux après la pluie, mais l’aura magique demeure vive dans la mémoire populaire.
Le pêcheur invisible
Autre histoire entretenue chez les anciens : celle d’un pêcheur qui, chaque année, venait la veille de la Saint-Pierre taquiner le goujon sans jamais être vu. Les enfants racontaient qu’il tirait ses lignes silencieusement, laissant parfois à la surface de l’eau des traces inexplicables, et que ceux qui cherchaient à l’observer perdaient leur sens de l’orientation, pour ne retrouver leur chemin qu’au lever du soleil.
Des variations sur ce thème sont recensées dans plusieurs communes riveraines de la Voise. Elles évoquent les liens entre la rivière et la superstition liée à l’eau, omniprésente dans l’imaginaire rural.