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Mardi 16 juin : Café historique à Chartres

Mardi 16 juin : Café historique à Chartres

mardi 19 mai 2009, par webmestre

De la Saint-Jean aux fêtes des Moissons.

Mardi 16 juin 2009 à 18h30 Bar Le Parisien, 49 rue Noël Ballay

Avec Nadine CRETIN, Chercheur au CARE (Centre d’Anthropologie religieuse européenne) - EHESS.


"Jusqu’au début du XXe siècle, parfois même jusqu’à la Seconde guerre mondiale, l’été se prêtait à de jolies fêtes qui étaient vécues comme des pauses bienvenues dans cette saison laborieuse : la Saint-Jean, au solstice d’été, occasion de grands feux de joie, et la fête des moissons qui célébrait la fin des récoltes dans le soulagement. Ces fêtes ont en partie disparu et, quand elles subsistent, leur signification a totalement changé.

Les Celtes, qui connaissaient de grands feux dans la nuit de Belteine pour célébrer le retour de la saison chaude début mai, se rendaient près de leurs bûchers comme à de véritables pèlerinages. Dans une grande partie de l’Europe, quelques semaines plus tard, les habitants dressaient pour le solstice d’été les feux de la Saint-Jean, sur les hauteurs de préférence : ces bûchers avaient une même signification sacrée, lors de cette nuit où les esprits surnaturels (bons et mauvais) étaient censés revenir sur terre, celle de purifier la nature environnante. Les habitants des villages dansaient alentour, on fumait le bétail qu’on approchait des flammes. Quand celles-ci étaient moins hautes, on sautait par-dessus le bûcher : plus on sautait haut, plus les cultures étaient prometteuses, disait-on. Les jeunes amoureux sautaient aussi, main dans la main, pour bénéficier de la fonction fécondante du feu. La nature s’imprégnait de sa fumée curative et, à certaines heures bien définies, on cueillait les "herbes", neuf par neuf, en général de simples plantes faciles à trouver sur les bords des chemins qui servaient de décoctions ou de tisanes. On emportait chez soi également des tisons éteints qu’on jetait à l’occasion dans la cheminée par temps d’orage. La rosée elle-même était bénéfique et dans le Sud de la France et en Italie, on se baignait dans la mer ou les fontaines.

L’autre grande fête rurale de l’été était la fête des Moissons. La date n’en était pas définie à l’avance, car elle prenait place à la fin des travaux. La dernière gerbe, coupée avec un soin quasi-religieux, était placée sur une voiture décorée pour l’occasion avec des guirlandes de branchages, des fleurs, des rubans, voire un petit arbre. Un animal symbolisait la partie finale de la moisson - un coq (comme en Beauce), un chien, un lièvre… - selon les régions, et il était abondamment aspergé, de même que l’ouvrier monté à son côté, quand la voiture longeait des maisons. Après ce retour spectaculaire à la ferme, un grand repas, abondant comme lors de toute fête, réunissait les travailleurs, la "passée d’août" (déformé en "passée douce").

Ces deux fêtes subsistent, mais elles n’ont plus grand chose à voir avec celles d’autrefois. Nos Saint-Jean ont perdu leur sens grave : pratiquement disparues dans les années 1960-1980, elles sont réhabilitées avec la même nostalgie pour les choses du Passé qui redonne vie aux quartiers anciens. Les fêtes des Moissons ont changé elles aussi, principalement en raison de la mécanisation qui a permis la réduction de main d’œuvre. A une date fixée par la municipalité (à la mi-août en général), les fêtes actuelles sont des spectacles : des figurants en costumes d’autrefois accompagnent un défilé d’antiques machines agricoles utilisées ensuite pour des reconstitution de moissons à l’ancienne." ( texte de présentation cafés historiques"

Bibliographie :

> Cretin, Nadine, Fête des Fous, Saint-Jean et Belles de Mai. Une histoire du calendrier, Paris, Seuil, 2008.

> Jusselin, Maurice, "Le Feu de Saint-Jean à Saint-Prest en 1786", Mémoires de la Société Archéologique d’Eure-et-Loir, t. XVIII, 1947-1951, p. 15-16.

> Marcel-Robillard, Charles, Le folklore de la Beauce, vol. 5 : "Travaux et métiers paysans, l’outillage traditionnel", vol. 11 : "Du berceau à la tombe : traditions et coutumes", Paris, G.-P. Maisonneuve et Larose, 1971, 1976.

> Seignolle, Claude et Jacques, Le folklore du Hurepoix. Mœurs et coutumes d’Ile-de-France, Paris, G.-P. Maisonneuve et Larose, 1978.

> Van Gennep, Arnold, Manuel de folklore français contemporain, Tome I, vol. 4 : "Cycle de mai - la Saint-Jean", vol. 5 : "Les cérémonies agricoles et pastorales de l’été", Paris, Picard, vol1949, , 1951.


Voir en ligne : Cafés historiques






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